Conséquences des maltraitances sexuelles. Les reconnaître, les soigner, les prévenir

Conférence de consensus qui s'est tenue à Paris les 6 et 7 novembre 2003 organisée par

Fédération Française de Psychiatrie
selon la méthodologie de l’ANAES
avec le soutien de la Direction Générale de la Santé

Sociétés Partenaires : Sociétés Francophone de Médecine d'Urgence, INAVEM, Société Française de Pédiatrie, Collège National des Généralistes Enseignants


Devant une révélation de maltraitance sexuelle, émanant d'un enfant ou de ses parents, ou d'un adulte pour lui-même, quels éléments retenir pour la confirmer ?

Yves-Hiram Haesevoets

Reformulation de la question

Quels éléments contributifs et étayables sommes-nous amenés à mettre en évidence pour confirmer une allégation de maltraitance sexuelle envers un enfant? Cette question à propos des éléments susceptibles de corroborer une allégation de maltraitance sexuelle est très large et repose sur de un étayage multivarié et complexe. Ce type d'allégation comprend de nombreuses informations de qualité variable à partir desquelles nous sommes amenés à effectuer différentes opération d'étayage : distinguer des nuances, rechercher des évidences et différencier des influences, des aspects les plus subjectifs aux éléments apparaissant comme plus objectifs, analyser et valider la déclaration de l'enfant et estimer sa crédibilité. Dans ces situations de révélation d'abus sexuels, nous sommes confrontés à des discours plus ou moins connotés et empreints d'influences diverses. Aussi faut-il pouvoir dégager un fil conducteur entre différentes subjectivités, associées à des points de vue pas toujours compatibles entre eux, voire très divergeants : la déclaration de la victime présumée, les réactions de son(ses) parent(s), l'attitude et les réponses de l'auteur présumé, les constatation de l'observateur, des enquêteurs, l'analyse des experts, les avis des intervenants, etc.

Cette recherche d'éléments corroborants tente de rassembler un maximum d'informations issues de plusieurs moments de communication avec la victime et son entourage. Pour l'essentiel, nous recherchons des éléments probants, congruants, univoques, corroborants et explicites. Toutefois, étant donné la nature même des faits allégués, le contexte particulier de ces situations et la psychologie singulière de la victime qui s'exprime, les allégations sont entachées d'éléments incongrus, incertains, équivoques et imprécis. Dans ces situations difficiles où prévalent l'incertitude et le doute, nous évoluons à travers une nébuleuse d'informations disparates qu'il va falloir ordonnancer.

Un vaste travail d'investigation psycho-crimino-clinique et/ou d'expertise psycho-légale est donc nécessaire pour mettre en évidence ces différents éléments. Il importe d'analyser différents ´ matériaux » recueillis directement auprès des personnes impliquées, l'enfant victime et son entourage familial et/ou social. L'examen clinique permet de ´ brosser » le portrait psychologique de l'enfant, d'appréhender son évolution dans un contexte familial particulier, de décrire ses réactions, ses comportements manifestes ou implicites, son éventuelle symptomatologie, de situer l'ensemble en relation avec la maltraitance sexuelle et d'établir une analyse du contexte.

Concernant l'enfant :
- La source première d'information est la victime elle-même. La manière dont la victime révèle une situation de maltraitance sexuelle est déjà en soi une première indication.
- L'observation et l'examen clinique permettent de valider certains comportements ´ signaux » et d'appéhender certains troubles plus ou moins significatifs.
- L'étude de sa personnalité à travers des tests projectifs participent à la recherche d'éventuels éléments traumatiques.
- L'analyse descriptive et non interprétative de ses dessins et/ou de ses jeux contribuent de manière secondaire à l'investigation de sa personnalité.
- L'analyse du contenu de sa déclaration et de son verbatim peuvent être objectivés par des critères de validation.

Concernant sa famille :
- La compréhension et l'évaluation du fonctionnement systémique de la constellation familiale ouvrent de nombreuses pistes d'étayage.
- Le génogramme, l'anamnèse, la description des transactions, l'étude des mythes et des croyances en matière de sexualité, la présence de troubles transgénérationnels,... sont autant d'éléments contributifs de l'investigation clinique.

Préambule à un travail conséquent

Une analyse plus fine et une observation rigoureuse doivent toujours venir étayer la présomption d'un abus sexuel. Dans le cadre de cette présentation, nous proposons une manière d'opérer parmi d'autres. Cette approche est une sorte de guide permettant de mettre en valeur et d'analyser, mais aussi de rendre optimum le matériel contenu dans la déclaration d'un enfant. L'analyse de contenu de la déclaration de l'enfant et la vérification d'un certain nombre d'éléments représentent une part importante de ce travail d'investigation. Tout en les évoquant, nous n'aborderons pas d'autres aspects de ce travail d'expertise et nous renvoyons le lecteur à différents travaux et sources d'étude : [1] Walker et al. (1985); [2] Sgroi et al. (1986); [3] Klajner-Diamond et al. (1987); [4] Lévy (1989); [5] Sagatun (1991); [6] Goodman et Bottoms (1993); [7] Hayez et al. (1994); [8] Lanning (1996); [9] Ceci et Bruck (1998); [10] Haesevoets (2000).

Analyse de contenu de la déclaration de l'enfant

Au-delà des outils d'investigation, tels que l'entretien clinique classique ou les tests projectifs, qui restent utiles mais qui doivent être manipulés avec beaucoup de prudence, différents chercheurs proposent une autre manière d'aborder le discours d'un enfant présumé victime d'abus sexuel. Le contenu du discours de l'enfant témoin pouvant faire l'objet de toutes les spéculations, il faut essayer de dégager des critères fiables et rationnels pour l'analyser. L'investigation impartiale des allégations d'abus sexuels subis par des enfants est essentielle dans la mesure où elle permet de respecter au maximum la fidélité de l'information rapportée par les enfants, et surtout d'éviter que ceux qui sont réellement victimes d'abus sexuels ne se retrouvent dans une situation abusive ou qu'une personne innocente ne soit faussement accusée.
L'analyse de la validité de la déclaration de l'enfant ne peut s'effectuer qu'en relation avec des propos recueillis de manière respectueuse et non suggestive. S'inspirant des travaux de Undeutsch, Steller, Raskin, Epslin et Yuille, [11] Van Gijseghem (1992) présente un protocole pour l'entrevue des enfants. Cette entrevue par étapes progressives (l'interview semi-structurée et non suggestive ) permet l'analyse de contenu des propos de l'enfant.
Une grille de validation, Statement Validity Analysis (SVA) , a été développée, expérimentée et validée par un grand nombre de chercheurs issus de différents pays. L'analyse (SVA) méthodique et systématique des allégations d'abus sexuels considère le matériel d'une manière compréhensive et se réfère à une procédure globale de diagnostic. Cette méthode permet de récolter et d'évaluer systématiquement les informations contenues dans les interviews d'enfants, en relation avec les faits relevants de la situation abusive. Cette analyse de contenu est basée sur plusieurs critères. Ceux-ci sont fondés sur 19 axes de validation servant à l'analyse de la déclaration d'un enfant qui témoigne d'un abus sexuel. Une liste de vérification (Steller, Raskin, Yuille & Esplin, cités par [12] Yuille, 1991) permet également de consolider cette analyse de la validité de la déclaration (SVA). Suivant l'hypothèse d'[13] Undeutsch (1989), cette procédure se base sur le fait que les témoignages relevant d'événements factuels ´réellement vécus sont qualitativement différents de déclarations qui ne sont pas fondées sur l'expérience vécue» (Van Gijseghem, 1992: 90). Ces 19 critères d'analyse reposent sur les caractéristiques spécifiques qui permettent de distinguer les déclarations crédibles des déclarations fallacieuses. Répartis en cinq catégories, chacun de ces critères correspond à un indicateur de la validité de la déclaration. L'absence d'indice de crédibilité ne signifie pas que la déclaration soit fausse; en effet, alors qu'ils sont basés sur un vécu authentique, certains récits d'enfants livrent peu d'indicateurs de véracité. Il s'agit bien d'indicateurs dont la présence significative informe sur le niveau de crédibilité de la déclaration. Plus ces critères sont nombreux, plus la probabilité est élevée que la déclaration soit fondée sur des faits réellement vécus. Cette méthode vérifie d'avantage la vérité et la plausibilité que la falsification d'un récit. Elle n'est donc pas un détecteur de mensonges.

Conscient des limites des outils utilisés dans l'évaluation ou la validation d'une allégation, [11] Van Gijseghem (1992) précise que cette approche devrait faire l'objet de nouvelles études. Cette méthode rationnelle n'est pas exclusive mais elle permet au moins d'éloigner certains jugements de valeur, voire une certaine subjectivité dans l'analyse de contenu. Tout en recherchant des dénominateurs communs crédibles à travers une banque de données, ces indicateurs donnent une idée de la validité d'une allégation. Cette manière de procéder permet également d'écarter les variables suggestibles et d'évaluer la spontanéité de l'enfant et son verbatim.

CRITERES POUR L'ANALYSE DE CONTENU DE LA DECLARATION

Caractéristiques générales de la déclaration
- La cohérence du récit
- La verbalisation spontanée
- Les détails en quantité suffisante

Caractéristiques spécifiques
- L'enchâssement contextuel
- Les descriptions d'interactions
- Le rappel de conversations
- Des références à des complications inattendues

Particularités du contenu
- Des détails inusités
- Des détails périphériques
- Des détails non compris mais rapportés de façon exacte
- Des références à des incidents extérieurs
- Des références à ses propres états psychologiques
- Une attribution d'un état psychologique à l'abuseur

Contenus relatifs aux motivations de la déclaration
- Des corrections spontanées
- Un aveu de trous de mémoire
- Des doutes à propos de sa propre déclaration
- Une désapprobation de sa propre participation
- Le fait d'excuser l'abuseur

Eléments spécifiques concernant le délit
- Caractéristiques spécifiques du délit

Grille SVA, d'après L'analyse de la validité de la déclaration, basé sur Steller & Koehnken, 1989 et Raskin & Yuille, 1989 (traduite par Hubert Van Gijseghem, Université de Montréal, 1993).

Caractéristiques générales de la déclaration
La cohérence. Ce critère apparaît lorsque les différents éléments rapportés par l'enfant témoin constituent un tout cohérent et consistant. Undeutsch (1967: 138, cité par [14] Yuille, 1993) utilise les termes de cohérence interne et de consistance pour définir ce critère, faisant référence au fait que la déclaration dans son ensemble doit ´se tenir». Une déclaration doit être cohérente d'un point de vue logique et avoir une consistance interne suffisante. Trankell (1971: 126, cité par Yuille, 1993) parle plutôt d'homogénéité du récit. Le récit est considéré comme homogène lorsqu'il ´ peut être démontré que les détails indépendants d'un même témoignage décrivent tous la même suite d'événements ». Arntzen (1983: 51, cité par Yuille, 1993) définit le concept d'homogénéité comme ´ cet aspect de la déclaration par lequel les détails contextuels font un tout, et ce, sans contradictions ou inconsistances ». De plus, ces détails peuvent être assemblés ´ pour constituer un tout cohérent dans lequel les contenus du témoignage apparaissent eux aussi consistants ». La cohérence est donc un indice de crédibilité. Le fait que l'enfant fasse référence à des complications inattendues et/ou à des détails inusités, n'en diminue pas pour autant la cohérence de son récit.

La verbalisation spontanée. Le rappel spontané d'éléments (dont le contenu conserve la même qualité en cohérence) se déroule d'une manière non structurée et sans influence de la part de l'interlocuteur. L'enfant amène ainsi des corrections spontanées sur son propre récit. Il peut également ajouter, préciser ou éliminer des détails périphériques selon l'événement ponctuel rappelé. Remarquons qu'une déclaration peu fiable se caractérise souvent par la reproduction rigide ou plaquée d'un rappel à l'autre. La manière dont l'enfant rapporte ces détails ou modifie spontanément un quelconque élément nous offre un indice de crédibilité supplémentaire. Un témoignage crédible comprend quelques rappels libres livrés spontanément. Une déclaration (pré)fabriquée ou façonnée est plus susceptible d'être structurellement rigide et reprend d'une manière identique (plaquage) les descriptions de l'événement.

Artnzen (1983: 80, cité par Yuille, 1993) utilise le terme verbeux pour décrire un témoignage incontrôlé, c'est-à -dire ´un témoignage qui se présente d'une manière incohérente, sans suite et désorganisée». Les faits sont fragmentés et éparpillés à travers la déclaration et surgissent d'une manière désordonnée. On observe des sauts dans l'évocation des époques et la séquence des événements n'est pas chronologique. Les témoignages fabriqués présentent souvent les événements d'une manière chronologique. Toutefois, certaines déclarations d'adolescent(e)s, qui préparent leur témoignage par écrit et qui prennent le temps de rassembler en un tout cohérent les événements, sont hautement crédibles. Même si une déclaration non préparée et désorganisée est une indication de crédibilité, les différentes parties de la déclaration doivent pouvoir s'assembler d'une manière consistante et cohérente.

Les détails en quantité suffisante Arntzen (1983: 27, cité par Yuille, 1993) pense ´qu'il est impossible pour la majorité des témoins d'embellir un faux témoignage avec de nombreux détails». Plus le témoignage de l'enfant contient de détails, plus il est possible de confronter ces détails avec d'autres informations disponibles. De manière constante, plus on relève de détails dans une déclaration, plus celle-ci est susceptible d'être crédible. Les faux témoignages sont souvent pauvres en détails spécifiques. Lorsqu'on insiste auprès de l'enfant pour qu'il fournisse plus de détails, on obtient alors peu de réponses supplémentaires. Néanmoins, étant donné que les jeunes enfants fournissent moins de détails sur l'événement que les enfants plus âgés, il faut tenir compte du niveau de développement de l'enfant. L'analyse de contenu de la déclaration doit alors ´prendre en considération les habiletés cognitives, expressives et mnésiques de l'enfant» (Arntzen, 1983: 27, cité par Yuille, 1993). Dès la phase de mise en relation, il est possible d'appréhender la capacité de l'enfant à livrer des détails.

La superposition de détails périphériques aux détails centraux est un indice supplémentaire de crédibilité. Remarquons que la répétition d'un même détail ne confirme pas ce critère. ´ Ce ne sont que les faits et détails nouveaux qui contribuent à le confirmer » (Arntzen, 1983: 27, cité par Yuille, 1993).

Caractéristiques spécifiques
L'enchâssement contextuel. Le rappel d'un événement peut contenir de l'information sur le moment et/ou sur l'endroit où se sont déroulés les faits. L'enchâssement d'un événement dans son contexte spatio-temporel est un indice de crédibilité. Undeutsch (1967: 139, cité par Yuille, 1993) précise que les ´ indices réels reposent sur des assises spatio-temporelles ». Szewczyk et Frohlich (1984: 313, cités par Yuille, 1993) remarquent que si on peut insérer les contenus d'une déclaration dans un plus large contexte, cela ajoute à sa validité. Arntzen (1983: 35, cité par Yuille, 1993) indique qu'une déclaration crédible contient ´ différents entrelacements entre les faits essentiels de l'événement, et les circonstances extérieures et situationnelles ». Ces circonstances comprennent ´ des faits quotidiens, des habitudes de vie, de la vie familiale, du cercle d'amis, des relations avec les voisins,... ». L'enchâssement contextuel consiste ainsi à associer un événement à tout moment de la vie quotidienne, à toute anecdote, à une naissance, à une fête d'anniversaire, à une visite amicale, à tout lieu ou à tout endroit,... c'est-à -dire des éléments qui rehaussent la crédibilité de la déclaration. Toutes les déclarations crédibles ne contiennent pas ce critère. En effet, un événement ne fait pas toujours l'objet d'une association avec un lieu ou un moment de la vie quotidienne. Ces éléments ne retiennent pas toujours l'attention de celui qui rapporte un événement.

Les descriptions d'interactions. L'abus sexuel est un événement qui met en scène au moins deux acteurs : l'abusé et l'abuseur. C'est la raison pour laquelle plus une victime rapporte des détails concernant les gestes posés, les interactions physiques et sexuelles, plus l'interlocuteur est en mesure de mieux comprendre le scénario de l'abus sexuel. Toutes informations quant aux interactions entre le témoin et la personne qui en abuse, les liens qui les concernent, leurs gestes et leurs conversations renforcent la crédibilité du témoignage. La plupart des dévoilements d'abus sexuel contiennent des descriptions, parfois très détaillées, d'interactions. Toutefois, pour être crédible toute description doit être suffisamment élaborée en termes de séquence des faits et gestes manifestés lors de l'événement.

Le rappel de conversations. A l'occasion, l'enfant rapporte à la manière d'une citation, en tout ou en partie, un dialogue entre lui et son agresseur. Il peut préciser au mot à mot une conversation dans le contexte ou à propos de l'événement. L'enfant peut ainsi expliquer qu'à un certain moment son abuseur lui a demandé d'enlever ses vêtements, du style : ´ maintenant, enlève ta culotte! ». Cette expression est inclue spontanément et de manière directe dans le contexte narratif. Par contre si l'enfant s'exprime en utilisant la troisième personne du style : ´ il m'a dit d'enlever ma culotte à ce moment là ! », il s'agit plutôt d'une description interactive.

Ce critère est d'autant plus valide que l'enfant rapporte des mots qui n'appartiennent pas à son vocabulaire habituel ou des mots qu'il ne comprend pas.

Des références à des complications inattendues. Ce critère correspond à des moments de la déclaration où l'enfant fait référence à des complications inattendues pendant le déroulement de l'événement (Undeutsch, 1967: 153, Arntzen, 1983: 33, Szewczyk & Frohlich, 1984: 313, cité par Yuille, 1993). L'enfant peut ainsi expliquer qu'au moment des faits, quelqu'un est venu frapper à la porte, ou que le téléphone a sonné, ou que l'abuseur est tombé du lit, ou encore que l'incident s'est interrompu brusquement, etc. Tant la quantité que la qualité des détails concernant une complication inattendue renforcent la crédibilité de la description événementielle et contribuent à une meilleure compréhension du scénario abusif.

Particularités du contenu
Des détails inusités. Il s'agit de ´ détails étranges qui sont tellement inhabituels qu'il est alors peu probable qu'on les retrouve dans les fausses allégations » (Szewcyk & Frohlich, 1984: 313, cités par Yuille, 1993). L'enfant peut inclure des détails inusités ou singuliers dans sa déclaration. Il peut décrire bizarrement un vêtement ou un objet qu'il connaît mais en utilisant des termes inhabituels. Lorsqu'un témoignage est fabriqué, on y retourne peu ou pas de détails inusités. Ces détails sont difficiles à inventer et ne manquent pas de réalisme. Leur présence augmente la crédibilité.

Des détails périphériques. Ce critère est rarissime dans les fausses déclarations. Il s'agit de l'inclusion de détails extérieurs à l'événement central. Ces détails sont réalistes et percutants, et font référence à un événement réel.

Des détails non compris mais rapportés de façon exacte. Lorsqu'une déclaration contient un récit bien détaillé, mais que l'enfant n'en comprend pas bien le sens ou interprète de manière erronée l'événement décrit, sa crédibilité s'en trouve renforcée. Selon Undeutsch (1989: 114, cité par Yuille, 1993), ce critère fait ´ référence à des détails dont l'invention serait impossible et au-delà des capacités et de la compréhension des témoins ». L'enfant peut ainsi expliquer que son agresseur avait mal quelque part parce qu'il gémissait (alors qu'il jouissait de plaisir!). Suivant sa propre grille d'interprétation et d'appréciation, l'enfant peut prendre un orgasme pour un éternuement. La présence de ce critère vient valider la déclaration de l'enfant.

Des références à des incidents extérieurs. L'enfant peut évoquer un événement extérieur qui paraît s'associer au contexte général de l'abus sexuel. L'enfant peut ainsi expliquer que son agresseur lui a demandé si quelqu'un d'autre lui avait déjà fait la même chose.

Des références à ses propres états psychologiques. L'enfant exprime librement ce qu'il a ressenti pendant les faits, dans quel état d'esprit il se trouvait et comment il survivait à l'événement. L'enfant fait référence à son propre état émotionnel et/ou psychologique. Il peut exprimer qu'il a ressenti de la peur, du dégoût, de la colère, de la honte, de l'embarras ou toute autre émotion subjective en relation avec les faits. L'enfant peut ainsi évoquer qu'il aurait voulu résister ou s'enfuir. Ces indices émotionnels ou cognitifs renforcent la crédibilité de la déclaration.

Une attribution d'un état psychologique à l'abuseur. Lorsque l'enfant rapporte qu'il a perçu chez son abuseur tel ou tel attitude ou état psychologique au moment des faits, la validité de sa déclaration s'en trouve renforcée. L'enfant peut faire référence à des réactions émotionnelles ou à des impressions qui concernent directement l'état mental de son agresseur. Il peut ainsi expliquer que son abuseur avait l'air fatigué, triste, souriant ou énervé une fois l'acte consommé.

Contenus relatifs aux motivations de la déclaration
Des corrections spontanées. Lorsque l'interviewer rappelle l'événement, l'enfant effectue spontanément des corrections. Ces corrections spontanées diminuent fortement la probabilité d'une déclaration fictive. Ces corrections permettent à l'enfant d'améliorer la qualité de sa propre déclaration en termes de détails et d'informations complémentaires. L'enfant qui fabrique une déclaration veut donner une bonne impression. Il évite de montrer qu'il aurait pu se tromper, il ne remet pas en question son discours et se corrige très peu. Son récit contient très peu de modifications spontanées. Il faut éviter de confondre une correction spontanée et une réaction particulière à des questions contradictoires. Face à une contradiction relevée par l'interviewer, l'enfant peut fournir une explication ou amener une correction. Ce type de correction ne correspond pas à ce critère. Ce critère n'est en fait valide que si l'enfant corrige spontanément le contenu de sa déclaration.

Un aveu de trous de mémoire. L'enfant peut avouer son ignorance ou son oubli quant à certains détails. L'enfant admet spontanément qu'il ne se souvient pas ou que la réponse pourrait lui revenir en cours d'interview. Dans une déclaration valide l'aveu de trous de mémoire est un signe de validité. Ces aveux de trous de mémoire sont plutôt rares dans les déclarations fabriquées. Certaines déclarations se caractérisent par la pauvreté des détails; ce qui ne correspond pas toujours à des trous de mémoire. L'aveu de trous de mémoire n'apparaît comme critère que si l'enfant l'admet de manière spontanée et occasionnelle.

Des doutes à propos de sa propre déclaration. Un enfant qui fabrique une déclaration de toute pièce essaye d'avoir l'air crédible aux yeux de son interlocuteur et évite de laisser planer le moindre doute sur sa propre déclaration. Par contre, le fait d'émettre un doute quant à sa propre déclaration est un indice complémentaire de crédibilité.

Une désapprobation de sa propre participation. L'insertion de détails incriminants ou défavorables renforce la crédibilité de la déclaration (Undeutsch, 1967: 153, cité par Yuille, 1993). Lorsque l'enfant pense que les gestes qu'il a dû pratiquer avec son abuseur sont mauvais et qu'il n'aurait pas dû accepter de le faire, il rend son récit plus crédible. Dans les déclarations fabriquées, l'enfant incrimine plutôt son agresseur et ne se sent en rien responsable, ni encore moins coupable. L'auto-désaprobation coupable est également un signe d'authenticité vécue. C'est souvent d'une manière occasionnelle (et donc pas toujours lors de l'interview), que la plupart des victimes émettent un doute (aussi léger soit-il) quant à leur rôle, leur responsabilité, voire leur culpabilité, et leur niveau d'implication active dans le cours des événements. Il est important de souligner que lorsqu'une victime ne désapprouve pas sa propre conduite, elle n'est pas pour autant crédible. Ce critère est donc un indice de validation pondérable.

Le fait d'excuser l'abuseur. L'enfant est souvent mis sous pression et tente d'excuser son agresseur ou de justifier ses agissements, en fournissant des explications qui n'en sont pas, et qui ont été éventuellement induites par l'abuseur lui-même. Selon Yuille (1993), l'exonération donne du poids à la crédibilité lorsqu'elle apparaît spontanément. L'absence d'excuses ne signifie pas que la déclaration n'est pas crédible.

Eléments spécifiques concernant le délit
Il est important de reconstituer le canevas spécifique et graduel de l'abus sexuel. Les études montrent différentes catégories d'abus sexuels d'enfants. La progression des événements dans une relation incestueuse est différente de la dynamique observée lors d'un incident isolé et ponctuel commis par un abuseur étranger. En relation avec le contexte et les circonstances, il existe différents types de scénarios d'abus sexuels qui comprennent tous une installation (des gestes anodins, des attouchements ponctuels), une progression graduelle, une confirmation par des gestes sexuels plus précis, une gradation de nature sexuelle, un dénouement et une éventuelle révélation. L'analyse de la déclaration exige donc une bonne connaissance du déroulement habituel d'un abus sexuel à l'égard d'un enfant, des caractéristiques variables et des agissements des différents protagonistes . Ces références théoriques permettent de bien jauger la faisabilité, la probabilité, la plausibilité, la scénarisation et la dynamique de l'abus sexuel rapporté tel quel par l'enfant.

Lorsque l'enfant fait référence à tel ou à tel type de canevas dans sa déclaration et explique bien la gradation de l'abus sexuel qu'il a subi, il renforce le réalisme et la crédibilité de ses propos.

La validation de la déclaration de l'enfant
Plus le nombre d'indicateurs de crédibilité est important (au moins plus de huit critères) plus la probabilité que le récit de l'enfant est basé sur la vérité est élevée. Il faut également analyser le langage non verbal pendant l'entretien et rester attentif aux éléments psychoaffectifs qui s'y manifestent. Il est important de suivre son bon sens critique tout en restant rationnel et objectif. Il faut également essayer d'être présent le plus tôt possible dans le processus de dévoilement afin d'éviter l'écueil de la répétition et de la contamination. Lorsque l'interviewer intervient peu de temps après le moment de la révélation des faits et que le discours de l'enfant n'est pas trop parasité d'éléments incongrus, cet outil d'analyse apparaît comme plus fiable. Parsemés d'embûches, de sens cachés, de non-dits, teintés de secrets et d'angoisses, les mots côtoient l'irrationnel et ne facilitent pas toujours la communication et l'interprétation. il importe donc d'utiliser ce protocole d'évaluation de la validité de la déclaration comme une manière analytique d'opérer sur le terrain délicat du langage humain, et non comme une panacée qu'il faut appliquer telle quelle.

Après avoir recensé l'ensemble des critères absents ou présents dans la déclaration de l'enfant, il est important de les analyser et de leur donner une appréciation, c'est-à -dire estimer, dans la mesure où ils sont rencontrés dans le récit, leur valeur qualitative et quantitative. La crédibilité de la déclaration de l'enfant dépend ainsi de la qualité globale du récit. L'analyse du récit prend en considération les capacités verbales et cognitives de l'enfant et la complexité relative des événements décrits.

La précision quantitative et qualitative de l'analyse de contenu basée sur des critères, dans sa discrimination entre événements réellement expérimentés et événements fictifs, dépend également d'informations complémentaires qui concernent les faits, la manière dont ils ont été rapportés, les caractéristiques de l'enfant, son vécu, son histoire personnelle, sa constellation systémique et divers éléments extérieurs .

Les facteurs associés à l'interview et plusieurs facteurs extérieurs (repris dans la liste de vérification) complètent ainsi l'analyse du contenu de la déclaration.

LISTE DE VERIFICATION

Facteurs associés à l'interview
1. Le comportement de l'enfant
- Le langage
- Le savoir
- L'affect, les émotions
- Les expressions gestuelles spontanées
- La suggestibilité
- Les dessins ou les croquis
- Le comportement avec les objets proposés
- Le niveau de sexualisation du comportement

2. Les caractéristiques de l'interview
- La conformité de l'interview
- Les questions suggestives et directives
- Le niveau de pression ou de coercition

3. Considérations concernant les motifs du dévoilement
- Contexte du dévoilement initial
- Pressions pour dévoiler

Autres évidences: les facteurs extérieurs
- évidences médicales
- Autres déclarations faites par l'enfant
- Témoins
- évidences matérielles
- Indicateurs comportementaux

D'après la liste de vérification de Steller, Raskin, Yuille & Esplin, traduite par Van Gijseghem, Université De Montréal, 1993.

L'évaluation de la crédibilité dans un cas spécifique comprend une variété d'informations qui conduisent à une estimation de la probabilité que l'enfant se réfère soit à un événement réel, soit à un produit fabriqué ou résultant d'une quelconque coercition. Afin de compléter l'analyse de la qualité du contenu, d'autres sources d'information sont utilisées par les experts afin d'élaborer une opinion concernant la crédibilité d'un récit donné. En relation avec la complexité et la variabilité des informations recueillies, la liste de vérification essaye d'organiser et de standardiser cet ensemble suivant 11 critères relatifs à l'interview et 7 critères concernant les circonstances du dévoilement et d'autres évidences extérieures à l'interview. Ces critères de vérification de la validité servent à évaluer d'autres aspects que le contenu, tels que la stylistique du témoignage, le niveau de formulation, les différents aspects propres à l'enfant, diverses évidences, etc. Cette présentation structurée de différents critères ne doit pas altérer le jugement de l'investigateur. Cette procédure complexe d'évaluation est une sorte de mise à l'épreuve d'hypothèses, avec des retours multiples sur les informations contenues dans la déclaration. L'optimalisation de la collecte de données correspond ainsi à diverses inférences psychologiques et médico-légales.

Le comportement et les attitudes de l'enfant

Le langage. Il faut vérifier si le langage utilisé par l'enfant est conforme à son niveau de développement. La présence de descriptions ou d'une terminologie ne correspondant pas à son niveau ou à son registre indique une influence possible d'un tiers dans la préparation et l'organisation de la déclaration. Il est important de relever les caractéristiques de l'abus sexuel et de vérifier si les termes utilisés par l'enfant sont acquis ou appris, et quelles en sont les sources éventuelles. Dans les situations de déclarations fabriquées, certains enfants subissent un véritable coaching (Yuille, 1993) et se retrouve sous l'influence d'une tierce personne qui fait pression pour que la déclaration soit la plus crédible possible.

Le savoir. Les connaissances de l'enfant en matière de sexualité sont-elles conformes à son niveau de développement? Comment l'enfant a-t-il acquis ces connaissances spécifiques dès lors qu'elles ne correspondent pas à son niveau développemental? Le contexte d'abus peut cependant influencer le savoir sexuel des enfants. Certains enfants peuvent ainsi développer une hypermaturité et un savoir sexuel anachronique en relation avec des faits d'abus sexuels. Lorsque l'enfant a subi un coaching, il a probablement reçu une leçon ou une influence qui l'amène à évoquer des aspects de la sexualité en discordance avec son âge, sa maturité et son niveau de développement.

L'affect, les émotions, les sentiments. L'expression d'un affect ou d'une émotion particulière apporte de la crédibilité à l'allégation. Des affects contradictoires ou inappropriés doivent faire l'objet d'une interprétation différentielle et nuancée. Suivant les circonstances et le contexte, il peut s'agir de l'expression d'une angoisse, d'un mécanisme de défense, d'une forme de cynisme ou la dérivation d'une idée fallacieuse. La description d'un événement pénible peut induire des réponses émotionnelles déplacées ou incongrues. La plupart des réponses émotionnelles paradoxales sont significatives soit d'un malaise, soit d'un esprit de dérision. L'absence de tels affects peut diminuer le degré de crédibilité du témoignage. Toutefois, un affect sans relief, altéré ou cru est parfois significatif de l'impact émotionnel d'un abus sexuel. Il est alors important d'appréhender les sentiments et le vécu émotionnel de l'enfant en relation avec les faits. Il est également démontré que plus un enfant est interrogé sur des faits d'abus sexuels, plus il a tendance à se rigidifier sur le plan affectif ou à s'endurcir au niveau de l'expression de ses émotions. Le champ des émotions est très complexe et recouvre celui de la pensée, jusqu'à influencer la recognition et la remémoration d'événements factuels.

Les expressions gestuelles spontanées. Un enfant qui s'exprime spontanément s'anime de manière gestuelle. Son corps, ses mimiques et ses gestes participent à son expression parlée. Il a besoin de montrer, de mimer et d'utiliser des gestes pour expliquer. Ainsi lorsqu'il décrit une action ou une posture, il peut montrer plutôt que de détailler avec des mots. La présence d'une telle gestuelle consolide la crédibilité du récit. L'absence d'expressivité ne signifie pas que le récit est fabriqué. En effet, des enfants plus inhibés restent parfois figés et ne donnent pas corps à leur récit. Toutefois, lorsqu'un enfant est habituellement expressif ou actif, il faut s'interroger sur l'absence de gestes pendant l'interview.

La suggestibilité. La susceptibilité à la suggestion est fréquente chez les enfants. L'enfant qui paraît avoir subi une influence ou des pressions est moins crédible. L'enfant peut avoir été soumis à d'autres types de questions plus ou moins suggestives. Ce facteur psychologique peut affecter l'exactitude d'une déclaration et desservir les intérêts mêmes d'une présumée victime. Un enfant réellement victime peut avoir subi une quelconque influence de son entourage. Son discours est alors fabriqué ou contient des éléments contaminés. L'absence de mémoire concrète peut également relever d'une allégation fabriquée ou préparée. La résistance à la suggestion est plus fréquente chez les enfants plus âgés.

Les dessins ou les croquis. L'interprétation symbolique, voire psychanalytique, des dessins de l'enfant n'intervient en rien dans la validation de la crédibilité. Seuls des éléments concrets contenus dans un croquis peuvent augmenter le degré de crédibilité lorsque l'enfant utilise cet outil pour décrire un lieu, une partie anatomique ou une interaction sexuelle. Ce qui importe plus que la représentation, c'est la description du dessin par l'enfant lui-même.

Le comportement avec les objets proposés. L'utilisation de poupées ou de figurines peut aider l'enfant à décrire une scène mais ne peut servir à l'évaluation de sa crédibilité. Lorsque l'enfant dévoile spontanément et de manière non suggérée les faits à l'aide de poupées ou de jouets, le comportement de l'enfant avec ces objets peut cependant concourir à la validation.

Le niveau de sexualisation du comportement pendant l'interview. Même si le phénomène est peu fréquent, un comportement sexualisé de l'enfant envers l'interviewer ou sur lui-même peut être indicateur d'un abus sexuel. Il faut toutefois s'assurer qu'il ne s'agit pas d'un comportement induit par d'autres facteurs, telle qu'une question suggestive.

Les caractéristiques de l'interview

La conformité de l'interview. Il s'agit de vérifier si les conditions et les techniques d'interview sont conformes aux consignes nécessaires à l'application de la méthode d'analyse de contenu. Une relation trop personnalisée avec l'enfant, une entrevue qui ne respecte pas la spontanéité de l'enfant, des questions trop directives ou suggestives,... la moindre irrégularité dans la procédure peut compromettre l'utilisation de l'analyse de la validité de la déclaration. Selon [15] Van Poppel (1993: 9), ´les caractéristiques de l'interview sont des ressources supplémentaires permettant d'évaluer la valeur d'une affirmation donnée. Des suggestions, des questions guidantes ou coercitives, de même que des problèmes moins évidents tels, un questionnement direct prématuré, l'interruption ou le renforcement systématique du témoin, peuvent limiter le poids diagnostique de l'analyse de contenu basée sur des critères. Les caractéristiques de l'interview devraient être examinées en deux temps. Dans un premier temps, il faudrait relever si l'enfant témoin a été interrogé par des techniques d'interview inadéquates lors de l'investigation de la situation: des erreurs dans des interviews précédentes peuvent influencer les affirmations présentes de l'enfant, alors qu'une technique plus adéquate pourrait être actuellement utilisée. Dans un second temps, la technique d'interview utilisée pour la validation par la liste de vérification devrait faire l'objet d'une évaluation séparée .

Les questions suggestives et directives. Toute question contenant ou suggérant la réponse contamine le récit de l'enfant et le rend moins crédible à l'analyse du contenu de sa déclaration. Certaines interviews en cours de procédure sont hautement suggestives et compromettent après coup le travail d'expertise psycholégale. Les réponses produites par des questions inductrices concernent surtout les enfants de moins de six ans et en particulier ceux qui sont impliqués dans des conflits parentaux autour du droit de garde et de visite. Ce type de conflit entre ex-conjoints n'engendre pas systématiquement des allégations d'abus sexuels. Cependant dans les situations où un abus est allégué, l'enfant concerné est souvent très jeune et l'investigation criminelle est plus compliquée à réaliser. La suggestibilité de l'enfant est émoussée par l'intervention elle-même et les questions inductrices des intervenants (qui n'ont souvent pas d'autres possibilités). Dans un esprit de recherche de la vérité, ceux-ci commettent d'inévitables erreurs ou maladresses. Tous les adultes n'influencent pas de la même manière les réponses des enfants. Néanmoins, les parents et les proches orientent ou induisent avec plus de facilité les propos des enfants. Ceux-ci fournissent en retour plus de détails aux personnes de leur entourage. Les enfants ont tendance à entretenir cet échange, d'autant qu'ils attirent l'attention de manière inhabituelle sur un sujet qui semble intéresser les adultes.

Le niveau de pression ou de coercition. L'utilisation de moyens de pressions ou de coercition, de la manipulation mentale, du chantage affectif, des menaces pour extirper des réponses valides chez l'enfant peuvent mettre en jeu sa crédibilité.

Le processus de contagion. L'investigateur doit rechercher le moindre indice de contagion qui influence ou déforme les réponses de l'enfant. Des interviews multiples finissent par altérer le contenu de la déclaration de la victime. Ces éléments qui contaminent les propos de la victime se retrouvent autant au moment de la phase qui précède l'investigation criminelle, qu'après l'interview d'investigation. Il est important de distinguer la déclaration d'une victime qui rapporte des faits de manière consistante et celle dont le discours contient plusieurs éléments de contamination. La source de ces éléments de contamination est variable. Certaines déclarations reçoivent l'influence de mythes culturels inscrits dans le langage même de la victime. Dès la révélation des faits, la victime peut avoir communiqué avec différentes personnes de son entourage. Les intervenants qui encadrent la victime peuvent également l'influencer, d'autant qu'elle est rarement interviewée par une seule et même personne. Les interviewers ne gèrent pas toujours toutes les informations qui interfèrent entre la découverte des faits et leur rapportage. A partir du moment où l'investigation est déclenchée, il est impératif d'atténuer au maximum les éléments qui ont contaminé la déclaration. Comparativement avec l'ensemble des situations rencontrées, certains cas sont plus contaminés que d'autres. Les éléments de contamination sont alors plus difficilement contrôlables. Le moindre élément de contagion peut saboter toute une procédure, même dans les cas où les faits sont hautement crédibles. A la moindre contamination, le récit de la victime est discrédité et l'affaire peut être classée sans suite. C'est donc avec rigueur et avec beaucoup de dynamisme qu'il faut rechercher ces éléments de contagion contenus dans la plupart des allégations.

Considérations concernant les motifs du dévoilement

Quelles sont les motivations authentiques et sincères de l'enfant qui témoigne d'un abus sexuel dont il a fait l'objet? La relation entre l'enfant et son abuseur, les conflits sous-jacents, les bénéfices secondaires d'une allégation, les conséquences probables du dépôt de plainte pour les personnes concernées, l'origine de la révélation, les influences subies, les conseils reçus, le premier dévoilement, la première personne dépositaire de la première déclaration, les raisons de ce choix, ... sont autant d'éléments à prendre en considération pour mieux appréhender les motivations intrinsèques de l'enfant.

Contexte du dévoilement initial. Plus un récit est rapporté avec spontanéité, même s'il apparaît comme peu structuré ou confus, plus la crédibilité du rapporteur est rehaussée. Le contexte de la première révélation doit faire l'objet d'une investigation minutieuse. La première révélation à un tiers non conflictuel (camarade, médecin d'école, enseignant,...) devrait faire l'objet d'un rapportage le plus fidèle possible. S'il existe des indices qui démontrent que la déclaration poursuit d'autres objectifs qu'une simple dénonciation pour faits de moeurs et/ou le besoin de protection (au sens large du terme), il est important de s'interroger sur les réelles intentions du témoin.

Pressions pour dévoiler. Il est également important de se demander si l'enfant n'a pas subi des pressions pour effectuer le dévoilement initial. Une fausse allégation peut être guidée par la mauvaise intention d'une personne qui influence l'enfant en ce sens. Intentionnelles ou non, ces pressions correspondent soit à de multiples questionnements qui poursuivent un but identique, soit à des menaces, ou du harcèlement, afin d'obtenir de l'enfant un faux témoignage au détriment d'un tiers.

Autres évidences : les facteurs extérieurs

Evidences médicales. Transformations physiques, douleurs spécifiques, maladies sexuellement transmissibles, lésions, blessures,... ces indices ne sont pas toujours significatifs d'un abus sexuel. Sur le plan médical, le diagnostic de certaines lésions n'est pas facilement interprétable mais il peut mettre en évidence une agression de nature sexuelle et/ou venir objectiver une allégation d'abus sexuel. Le manque de corroboration médicale ou d'indices physiques et physiologiques ne signifie donc pas d'une part, que l'enfant n'a pas été victime d'un abus sexuel et d'autre part, qu'il n'est pas possible de le prouver autrement au niveau de l'investigation criminelle.

L'expert médical (le légiste) doit autant que possible repérer dans l'histoire médicale de l'enfant certaines plaintes ou des antécédents qui ont valeur d'indices. L'interprétation diagnostique n'étant pas très simple à concevoir, la présence de signes physiques particuliers ou de maladies doit toujours faire l'objet d'une investigation médicale rigoureuse de la part d'un spécialiste. Après un diagnostic différentiel et étayage, différents signes ou lésions peuvent être plus ou moins significatifs d'une agression sexuelle. Le cumul ou la synergie d'indices est interpellant, voire significatif ([16] Frappier & Al., 1990).

Autres déclarations faites par l'enfant. La déclaration actuelle de l'enfant est-elle compatible avec les autres dévoilements? Certaines variations, voire des précisions relatives aux détails périphériques, augmentent la crédibilité. Un trop grand écart, ou des contradictions, par rapport aux détails centraux pose parfois question quant à la validité.

Témoins éventuels. La déclaration actuelle de l'enfant est-elle compatible avec le rapportage d'éventuels témoins? Il s'agit souvent de témoins qui ont recueillis sa ou ses première(s) déclaration(s). Une ou plusieurs contradictions ne peuvent pas être systématiquement attribuées à des erreurs ou à des mensonges au détriment d'une tierce personne, mais doivent faire l'objet d'une exploration comprise dans l'examination globale de la validité de la déclaration. S'il ne s'écarte pas des informations à propos de l'action centrale, mais qu'il se contredit sur certains détails périphériques, l'enfant reste crédible. Les détails plus périphériques ont tendance à s'estomper avec le temps.

Evidences matérielles. Existe-t-il quelques indices matériels qui confirment ou infirment la déclaration de l'enfant? Des vêtements souillés, des photos particulières, des objets à caractère sexuel, du matériel pornographique, l'usage d'appareils vidéo, etc. Certaines évidences documentent les événements rapportés par l'enfant. La contradiction d'éléments contenus dans une déclaration par une évidence matérielle ou physique induit des doutes quant à la crédibilité de la déclaration, même lorsque celle-ci possède une qualité élevée de contenu.

Indicateurs comportementaux. Certains changements comportementaux observés chez l'enfant sont-ils compatibles avec un abus sexuel? Anorexie mentale, sommeil perturbé, boulimie, pseudo-maturité, masturbation compulsive, actes sexuels, régression scolaire, etc., ces troubles du comportement ne peuvent servir d'assise significative à une démonstration de crédibilité. Les indicateurs comportementaux spécifiques de l'abus sexuel contenus dans certaines check list ne sont que des points de repère parmi une masse d'éléments beaucoup plus significatifs contenus dans la déclaration. Il s'agit plutôt d'éléments d'information complémentaire, que de critères de crédibilité. Toutefois, lorsqu'une déclaration est très valide, ces comportements apparaissent comme relativement compatibles avec l'abus sexuel.

Implicites ou explicites, ces comportements indicatifs doivent faire l'objet d'une observation fine, différentielle et continuée. La recherche de ces indicateurs exige la plus grande prudence de la part de l'observateur. La présence de l'un ou l'autre de ces comportements n'est pas exclusivement significatif d'un abus sexuel. Ces comportements et attitudes observées se retrouvent également chez certains enfants qui ne sont pas victimes d'abus sexuel. L'absence de tels comportements ne signifie pas que l'enfant n'a pas été abusé. Il faut toujours confronter ce qui est observé avec les circonstances, le contexte de l'abus sexuel, son degré de gravité, la constellation familiale et le contenu de la déclaration de l'enfant. Ces comportements connaissent de nombreuses variantes individuelles et il faut bien se garder de les interpréter comme des signaux clairs et fiables. Une combinaison de ces comportements indicatifs doit faire l'objet d'une attention plus particulière, en termes d'évolution, d'installation, de chronicité et de variation. Lorsqu'un enfant présente de nombreux comportements symptomatiques, ceux-ci correspondent à des signes de détresse, à des modes d'expression, à des appels à l'aide et surtout à des stratégies de survie. Révélateurs d'une situation difficile ou d'une expérience traumatique, ils ne relèvent pas systématiquement d'un abus sexuel. C'est parce que l'enfant s'exprime sur un mode particulier, qui n'est pas toujours celui du langage parlé, et/ou qu'il utilise le langage autrement, que le clinicien ne peut isoler ses comportements de son environnement et des caractéristiques sa personnalité.

Dans un premier temps, ces comportements incicateurs peuvent tout au plus servir à l'ouverture d'hypothèses diagnostiques ou comme premiers indices d'une probable maltraitance sexuelle. Dans un second temps, ils permettent d'orienter les recherches vers plus de précisions. Les comportements suivants ne sont pas toujours significatifs de troubles d'ordre sexuel et relèvent parfois d'une autre problématique devant aussi inquiéter les parents et/ou l'intervenant qui s'occupe(nt) de l'enfant :

Un comportement particulièrement docile
Un comportement provocateur
Un comportement pseudo-mature
Des allusions à une activité sexuelle
Des jeux sexuels persistants ou compulsifs
Une compréhension inappropriée de la sexualité
Le comportement scolaire
Peu d'échanges sociaux
La perte de confiance
La non participation aux activités parascolaires
La chute soudaine du rendement scolaire
Des troubles de la concentration ou de la mémoire
Un comportement particulier avec les hommes
Un comportement séducteur avec les hommes (ou avec les garçons)
Une fugue ou une disparition
Un trouble du sommeil
Une conduite régressive
Le repli sur soi
Des traits dépressifs
Une idéation suicidaire
Des traits antisociaux

Conclusions et recommandations

Un travail de validation et d'étayage

Toute forme d'allégation d'abus sexuels à l'égard d'enfant doit faire l'objet d'une approche clinique la plus fine et la plus complète possible. De cette démarche découlent deux questions fondamentales qui se posent d'emblée à l'intervenant :
- La première question est de savoir si l'intervenant (ou l'institution qu'il représente) va pouvoir assumer les conséquences du processus qu'il va déclencher. Dans le cadre de l'évaluation, il paraît également essentiel de se prémunir contre toute erreur d'appréciation et de pouvoir pallier au doute. Engageant des responsabilités à la fois individuelles et institutionnelles, ce processus ne peut se dérouler correctement et justement qu'au prix d'une rigueur et d'une expertise éprouvée.
- La deuxième question vient ensuite : l'enfant qui se présente a-t-il fait l'objet d'une exploitation sexuelle ou d'une manipulation mentale?

Les limites du processus d'observation clinique et de validation

Suivant [2] Sgroi, Porter et Blick (1985: 58), ´ la validation repose sur la capacité d'interpréter les comportements, les traces physiques et les informations tirées des entrevues d'investigation à l'intérieur d'un cadre conceptuel pour l'exploitation sexuelle des enfants. Elle suppose une compréhension profonde de la dynamique et des mécanismes de l'exploitation sexuelle des enfants, l'aptitude à mener des entrevues, et la capacité d'évaluer la crédibilité des informations obtenues ». Ce processus de validation se réfère à une méthodologie diagnostique rigoureuse, la plus objective possible et s'intègre à la gestion globale de la situation.

Mais à une époque où même l'observation d'un phénomène est contestée en physique fondamentale, il semble inconvenant de la part de certains ´cliniciens» de prétendre à des observations objectives, simplement parce qu'elles ont été recueillies au moyen d'outils fiables, par des personnes expertes et qu'elles se retrouvent avec une fréquence significative dans une population donnée. Dans ce domaine particulier de l'agression sexuelle, la signification statistique (collective) d'une donnée doit s'effacer devant sa signification psychologique (individuelle). Même lorsque deux événements sont relayés par une importante corrélation statistique, cela n'implique en rien qu'il existe des liens de causalité entre eux. Même s'il existe des éléments communs (largement répandus dans la littérature scientifique), les effets psychologiques d'un traumatisme n'ont pas la même expression psychologique d'un sujet à l'autre. L'approche clinique d'un phénomène aussi complexe que celui de l'abus sexuel et de ses conséquences engage le clinicien sur la voie équivoque du feeling, du bon sens critique, de l'expertise répétée, de la contradiction, et surtout de la modestie. Indépendamment de la qualité de la méthodologie utilisée, il existe de multiples biais qui peuvent venir fausser ce type de recherche. Il ne suffit d'ailleurs pas de décrire les outils utilisés, de se référer à des études scientifiques éprouvées et d'expliciter le style d'entretien clinique pour rendre fiable un diagnostic. Un diagnostic se justifie par des arguments qui comprennent leur propre marge d'erreur, non pas en termes de probabilité, mais de validité. La validation correspond à un mode de pensée particulier qui repose sur une manière de communiquer.

C'est à partir d'une rencontre entre le clinicien et l'enfant qu'un matériel (les données recueillies ou observées) se construit et s'organise. La première rencontre est souvent significative de la qualité du lien qui s'installe. Les comportements, attitudes, discours et expressions de l'enfant constituent les premiers éléments d'observation. Les impressions, réflexions et constatations du clinicien s'élaborent à partir de ces préliminaires. De cette rencontre apparaissent les premières hypothèses de travail qui vont servir de guide par la suite.

Des experts au service de la recherche de la vérité

La recherche de la vérité clinique ne recouvre pas le même sens que celui de la vérité judiciaire. Les cliniciens, les experts en particulier, qui travaillent avec des enfants abusés doivent prendre conscience de l'ensemble des éléments fondamentaux, des aspects les plus complexes aux détails les plus anodins, qui établissent une maltraitance sexuelle d'enfant. Ces intervenants spécialisés doivent également posséder en suffisance les connaissances et la maîtrise des instruments d'évaluation et d'expertise ([17] Viaux, 1992). Leur responsabilité est largement engagée en matière de validation et de diagnostic. De l'approche clinique ou thérapeutique, au diagnostic différentiel en passant par une évaluation globale de la situation, c'est l'enfant qui fait l'objet de cette investigation, voire de cette manipulation. S'agit-il d'une manipulation mentale ou d'une recherche de la vérité qui privilégie l'intérêt de l'enfant? Souvent ´invasive», répétitive et multiple, cette évaluation peut avoir un impact considérable sur l'enfant.
C'est pourquoi toute investigation clinique et/ou médico-psycho-légale doit concilier deux principes essentiels qui ne sont pas toujours compatibles : la recherche de la vérité et le respect absolu de la personne de l'enfant. La notion de vérité ne recouvre cependant pas les mêmes significations selon qu'on se positionne en clinicien, en enquêteur, en juge ou en expert. Toute forme d'intervention est une intrusion dans l'existence même de l'enfant et de sa famille. Que ce dernier soit victime de sévices sexuels ou enrôlé dans une fausse allégation, les conséquences d'une enquête et d'une évaluation médico-psycho-légale connaissent de nombreuses variantes ([18] Beeckmans et Houdmont, 1999). Il ne suffit pas d'utiliser une grille d'indicateurs comportementaux pour mesurer cet impact. Lorsque les conséquences, positives ou négatives, produites par le processus d'intervention font amalgame avec les troubles causés par l'abus sexuel, il est important de faire la part des choses. Autant une intervention soutenante peut atténuer les troubles d'un enfant victime d'abus sexuel, autant des maladresses peuvent exacerber la psychopathologie d'un enfant vulnérable et/ou perturbé par une toute autre problématique (une situation de séparation parentale par exemple).
Si le travail de validation est au service de la vérité, c'est à partir du sujet-enfant et de sa participation à l'évaluation que le diagnostic se construit. Devenant progressivement l'objet-acteur de cette dynamique, souvent malgré lui, autant le considérer comme un sujet-participant à un travail d'élaboration et l'impliquer au mieux dans ce processus.


Bibliographie
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[18] Beeckmans V. & Houdmont, B., Quand le diagnostic devient non-sens... L'évaluation dans les situations d'enfants abusés. in : AFIREM, La prise en charge de la maltraitance, ´ Jeux et enjeux », Karthala, Paris, 1999, 231-244.

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Dernière mise à jour : vendredi 28 novembre 2003

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